Banlung + Trekking dans le PN de Virachey : du 22/11/10 au 26/11/10
  

Banlung + Trekking dans le PN de Virachey : du 22/11/10 au 26/11/10

Cambodia, Cambodge le 26/11/2010

 

On passe donc la frontière un lundi matin. Petit conseil pour les voyageurs : mieux vaut faire faire son visa dans un consulat avant ça vous évitera les sautes d'humeur des douaniers et donc l'exagération des prix. Faut dire que pour ces fonctionnaires pas facile d'être payés donc faut bien survivre. Enfin bref, par chance à cette frontière le prix est affiché et fixe (23$ pour un mois). La plupart des agents sont bien gras, au moins on sait où va l'argent! Passage également par la frontière sanitaire improvisée. On vous prend votre température. Le thermomètre affiche 35,5° pour tout le monde, doit-on s'inquiéter? Il fait chaud ici, pas beaucoup d'ombre et on doit attendre les denriers arrivants.

Une fois le bus rempli, on file vers Stung Treng (embranchement pour rejoindre Banlung dans le Ratanakiri). En cours de route, un membre de l'équipage nous informe qu'il n'y a pas de connexion de leur compagnie ce jour à cause d'un festival qui dure plusieurs jours. Voilà 10$ de perdus car bien-sûr et en plus on doit payer la connexion de secours en minibus. On s'entasse comme on peut et c'est parti pour deux heures de piste vers Banlung, mais celle-ci est bien entretenue.

On arrive en fin d'après-midi. Des motos taxis nous déposent à un petit hôtel sympa et un peu excentré de l'agitation du centre ville. Pour le déjeuner, on goûte un Lok Lak (plat typique) délicieux. Le soir, on est invité à rejoindre un français et une italienne qui dégustent avec des locaux du vin de riz. On apprend quelques mots, mais doucement, on arrive juste du Laos. Pas moyen d'offrir un verre aux locaux qui fournissent depuis le début. Ils ont le coeur sur la main. On passe une très bonne soirée!

Le lendemain matin, repos obligatoire, on n'est pas très frais. Puis direction le lac volcanique Yeak Leom à 5 km du centre. Parfaitement circulaire et totalement limpide, j'y nage avec plaisir tandis que Marion fait bronzette. Belle balade autour de ce lac. Enfin, retour au bercail, demain nous partons trekker trois jours dans le PN de Virachey.

On a opté pour un tour avec les rangers. Rendez-vous à 8h. On a allégé nos sacs au max car il faut qu'on se trimballe nos hammocks (hamacs avec moustiquaire) de l'US army. Nos guides font quelques provisions au marché local, puis on enfourche les mobylettes et c'est parti pour deux heures de poussière dans des chemins défoncés. Pause dans un petit village, les enfants nous regardent avec de grands yeux curieux. Faut dire que Marion est toute orange colorée par la terre. Réparation d'un pneu quelques kilomètres plus loin, on s'arrête dans une petite propriété. Ici on vit de rien, un peu d'eau, des légumes et de la viande, pas de superflu. Déjeuner à Taveng, ville de départ de notre "bateau", simple pirogue. C'est parti pour trois heures de navigation d'abord sur la rivière Se San, large et boueuse, puis sur la petite et sinueuse O'Talok. Beaucoup de pêche au carrelet tout le long, nombreux martins pêcheurs, magnifiques et colorés. On prend un peu l'eau, les fesses trempées on trouve un peu le temps long! Tous les grands arbres ont disparu ici, tous exploités, seule véritable ressource des habitants du coin.

Nous arrivons au petit village de Brau, composé de sept familles. Un dortoir a été aménagé pour accueillir les visiteurs. Les grands arbres jonchent le sol, débités en planches qui seront revendues. Pas grand monde ici, beaucoup d'habitants sont partis vivre ailleurs. Les femmes sont aux champs en train de récolter le riz. Une myriade d'enfants nous accueille, le chef du village quant à lui est saoul, il a trop abusé de l'alcool de riz fermenté. Nous installons nos hammocks, puis dînons : porc aux légumes et riz. La TV du village diffuse des stupidités, nous préférons jouer avec les enfants à une sorte de balle aux prisonniers. Puis direction notre lit suspendu, ça tangue pas mal au début mais on arrive à s'endormir rapidement.

Réveil brumeux dans la fumée de feu de bois et soupe de pâtes au petit-déj. Départ pour le trek. Rythme soutenu, on traverse les forêts primaires, peu d'animaux, ils se cachent craignant leur plus grand prédateur : l'homme! On joue à cache cache dans des labyrinthes de bambous sur la piste d'Ho Chi Minh. Notre ranger file, mais on ne sait pas pourquoi il est pressé. Pause déjeuner à côté d'une cascade, feu pour la cuisine. On brûle nos déchets avant de partir. Vers 15h et après six heures de route, on atteint notre campement et on installe nos hammocks. Pas grand chose à faire ici, de plus on n'a rien pour s'occuper (livres, etc...), on ne pensait pas s'arrêter si tôt. Nous prenons donc un bain glacé dans la rivière, mais il ne faut pas trop traîner, les moustiques tigrés nous attaquent. Soirée paisible autour de la table, notre ranger n'est pas très bavard tout comme son assistant. A 18h, extinction du feu, direction notre lit, ça fait un peu tôt mais en même temps on est un peu crevé.

Dernier jour, on décolle de bonne heure pour attaquer la fin du parcours. En route des coups de fusil résonnent, pas mal pour un PN! En continuant, on déloge des exploitants illégaux qui détallent comme des lapins oubliant tout leur matériel. Notre guide en profite pour le confisquer (scies, hâches, lampes torches et nourriture) et nous explique que les rangers sont impuissants. Les "braconniers" pillent les forêts de leurs bois précieux qu'ils revendent au Vietnam ou à la Thaïlande. Trafic bien organisé puisque le gouvernement et l'armée cambodgienne se sucrent au passage! Plus loin les tronçonneuses retentissent, des dizaines de coupeurs de bois et pas grand chose à faire. Notre ranger les chasse tant bien que mal mais ils reviendront un peu plus tard c'est certain! On va devoir écourter quelque peu notre trajet, beaucoup de gros bras agacés et notre petit guide effrayé. Mais que faire? On impose une zone protégée sans substitution pour les populations locales ou sans éducation pour la préservation de leurs ressources naturelles!

On rentre à Banlung avec des sentiments partagés sur notre trek, belle région mais pour combien de temps?

Le samedi, on laisse Banlung derrière nous, direction Kratie, ville surplombant le Mékong.

Ben

 

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