Luang Prabang et la plaine des jarres : du 02/11/10 au 09/11/10
  

Luang Prabang et la plaine des jarres : du 02/11/10 au 09/11/10

Laos, Laos le 09/11/2010

 

Nous passons la frontière Thaïlande-Laos de Chiang Khong (tout au nord) vers Houei Sai le 2 novembre au matin. L'obtention des visas se fait sans encombre. Puis, alors que nous nous apprêtons à acheter nos billets pour le slow boat (soit deux jours pour atteindre Luang Prabang en naviguant sur le Mékong), nous apprenons qu'il existe en fait des bus bien plus rapides que décrits dans le routard. Résultat, changement de programme en prenant celui de 17h nous serons à destination mercredi aux aurores au lieu du soir avec le bateau. Le hic est que nous nous sommes levés de bonne heure pour ne pas rater le bateau de 10h30 et que maintenant il faut que l'on poireaute pendant plus de six heures dans cette ville où il n'y a rien à faire. Mais au moins on peut se promener à loisir. On explore le village, prenons quelques photos du fleuve, puis après une petite pause lecture, on se rend dans un cyber histoire de charger les photos de la Thaïlande sur le blog. Une fois cette mission accomplie, il est temps de nous restaurer. On choisit une terrasse surplombant le Mékong. Niveau bouffe, rien de nouveau sous le soleil pour le moment, mais on est encore presque en Thaïlande.

Le temps finit par passer tout de même. On monte enfin à bord de notre bus VIP (haut de gamme ici). Vu la tête de celui-ci, on n'ose pas imaginer celle des non VIP! On s'installe tant bien que mal et une fois bien calé, on s'apprête enfin à dormir. Mais ça, il ne faudra pas trop compter dessus : le bus à peine démarré, la musique nous hurle dans les tympans (celle-ci nous rappelle étrangement celle de Bolivie dans le fond, le pays en lui-même d'ailleurs nous fait penser à la Bolivie, à commencer par les bus, enfin on trouve de nombreux points communs). Ce sera comme ça toute la nuit, on arrivera quand-même à négocier un volume quelque peu moins agressif.

Entre le bruit continu des mélodies et de nombreuses pauses avec allumage des lumières bien-sûr, autant dire que la nuit fut courte et agitée. Nous arrivons enfin à Luang Prabang, le dimanche vers 5h du mat. En fait non, nous arrivons à la station de bus. Il reste encore une quinzaine de kilomètres jusqu'au city centre. Les passagers sont répartis dans des tuk-tuks, il faut faire vivre tout le monde. Nous avons donc la joie et l'honneur de finir ce trajet comme il a commencé : dans l'inconfort avec en prime l'air glacé du petit matin pour bien vous calmer!

Le chauffeur, sûrement peu content du prix qu'on a négocié, nous largue comme de vieilles tongs (bah oui chaussettes c'est peu adapté au pays!) dans le centre sans aucune indication. Il est encore tôt, la ville se réveille à peine. On croise quand-même un fou qui fait son jogging! On tente notre chance dans quelques guesthouses, mais celles qui ont encore de la place sont les plus chères. Bon, en même temps on est dans la rue principale! Puis, les touristes commencent à affluer, on en déduit qu'il est bientôt l'heure de la procession des moines (ils mendient leur nourriture quotidienne comme l'avait fait Bouddha, tous les jours vers 6h). On rencontre un frenchie qui nous indique une rue pleine de guesthouses pas chères et l'on en trouve enfin une avec assez de place. Il faut dire que l'on n'est jamais qu'un groupe de six à chercher (trois argentines, un allemand et nous mêmes). Messieurs les moines, nous viendrons vous admirer un autre jour, là c'est dodo jusqu'à midi!

Au réveil, nous déjeunons d'un bon sandwich avec baguette à la française. Un héritage des années d'occupation sûrement. On en trouve à foison sur le marché. Vache qui rit, jambon, tomates, concombres, salade et sauce chili chili : un délice, ça fait trop du bien de manger du bon pain! En prime, pour le petit-déjeuner, on a repéré le sandwich au nutella (vous pensez bien, on a dû naître avec un radar pour ça!) et beurre de cacahuète, un truc qui tient au corps quoi! On passera l'après-midi, déjà bien entammé, à se promener dans Luang. Puis, on se rend au Mont Phousi pour le coucher du soleil. De un, ce n'est géographiquement pas le meilleur emplacement, vue peu dégagée. De deux, les hordes de touristes fous qui vous escaladent pour une malheureuse photo, nous font fuir ce lieu au plus vite. Cela tombe bien car en descendant le marché de nuit nous tend les bras.

Ben croise une tête qui lui semble familière, moi je ne vois rien trop absorbée par l'artisanat local superbe, notamment les sacs. Je rumine le fait que je ne puisse rien ramener, mais on ne peut se charger. Sur le signal de Ben, je cours quand-même après l'individu en question, le rattrape et là, oui c'est bien lui! Il s'agit d'un français croisé à Ayutthaya, deux bonnes semaines auparavant en Thaïlande. Nous avions trouvé sa clé USB dans l'hôtel où nous logions mais pas moyen de remettre la main sur lui, à ce moment il était déjà parti. Nous avions donc décidé (la clé contenant les photos d'environ un mois et demi de voyage) de la garder en se disant que s'il allait vers le nord, comme nous, nous avions plus de chance de le recroiser que lui d'avoir l'opportunité de retourner à l'hôtel d'Ayutthaya. Et l'on a bien fait car nous le retrouvons maintenant après plus de deux semaines au nord du Laos. Il est soulagé de récupérer ses photos car il n'avait pas de copie. Nous passons la soirée à papoter avec lui et ses amis. On mange sur le marché de nuit local, mais on cherche les locaux au milieu de tous ces touristes.

Le lendemain, je me fais une très longue grasse mat, tandis que Ben, toujours monté sur 100 000 volts, se rend aux cascades de Tad Kouang Si pour une petite baignade matinale. Après quelques sauts à la Tarzan, de liane en liane, il revient tout de même. Nous retrouvons notre "mamie sandwich" pour le déjeuner. Nous passons l'après-midi à flâner dans la ville, puis à l'heure du coucher de soleil, nous trouvons un lieu parfait où la rivière Nam Kane rejoint le Mékong, magnifique! Au retour, nous rencontrons M. Tan qui parle français. On se met d'accord pour un tour en bateau le lendemain. Au programme, visite d'un petit village qui regroupe trois "races" du Laos : les Laos, les Hmongs et les Kamous (je n'aime pas ce terme mais je répète les dires de M. Tan. A priori ici ce n'est pas un mot qui choque puisqu'au remplissage du formulaire au passage de la frontière on nous demandait notre "race", bon!).

Le vendredi, nous sommes prêts à 5h30. Ce matin, on va observer le "Reras" procession des moines, avec quelques appréhensions sur le comportement irrespectueux des touristes que l'on nous a décrit. Tout se déroule mieux que l'on ne le craignait. Quelques idiots utilisent leur flash (très discret!) mais aucun minibus ne gêne la procession, du moins pas dans notre secteur. Puis, après un petit tour du marché où l'on trouve de tout à manger (rats, grillons, sorte de taupes, moineaux et autres...), nous petit-déjeunons d'un simple sandwich au nutella. C'est plus sûr pour notre estomac! A 9h pile, nous retrouvons M.Tan et son petit bateau. La visite du village se révèle très intéressante et ô bonheur, aucun touriste en vue, enfin on ne se sent pas au zoo humain. L'électricité est installée depuis deux mois à peine et les habitants sont en plein boom pour la mise en place du réseau. Ils sont heureux comme tout et ça s'entend : les chaînes hifi hurlent. M. Tan nous explique les différentes architectures des maisons:

- les Hmongs = tout de plein pied

- les Laos = sur pilotis (le bas débarras et toute la vie à l'étage)

- les Kamous = sur pilotis également, mais le bas est une pièce à part entière (et en général la cuisine).

Au retour, on en profite pour se promener sur l'autre rive du Mékong. Puis, à Luang, on tente un massage traditionnel laotien. Ouh, elle appuie un peu fort Ginette là! C'est fou d'avoir autant de force dans de si petites mains! Enfin, bien agréable quand-même, on dort comme des bébés.

Le samedi, nous prenons le bus à 8h30 direction Phonsavan et la plaine des jarres. Dois-je vous préciser que nous passons la journée dans le bus pour à peine 300 km?

Une fois sur place, on réserve un scooter pour le lendemain et planifions notre trajet. Ben a découvert qu'un marché traditionnel Hmong avait lieu tous les dimanches à environ 25 km de Phonsavan. Or, demain on est dimanche. Le truc c'est que le marché débute vers 5h du matin et se termine vers 8h. Conclusion, encore un décollage aux aurores en prévision!

Le dimanche, nous voilà donc sur notre mob, tels des chevaliers en quête dans la brume matinale. On réussit à atteindre le marché pas trop tard (env. 7h30), mais ça remballe, ça remballe. On a quand-même le temps d'en faire le tour et de repartir avant que tout ait disparu. Nous nous concentrons ensuite sur des destinations plus classiques telles que les sites 1,2 et 3 de la plaine des jarres. Evidemment, comme on se prend pour des aventuriers, on va se perdre sur des pistes chaotiques où il n'y a pas de pont pour traverser les cours d'eau plutôt que de rester sur la route. Non, en fait il s'agit de la mauvaise interprétation d'un panneau au départ.

Bref, après avoir demandé notre chemin toutes les cinq minutes en moyenne, nous posons enfin les pieds sur le parking du site n°1. C'est le plus impressionant de par la quantité de jarres. On nage en plein mystère. Les plus anciennes dateraient du 1er siècle avant JC, mais à quoi pouvaient-elles bien servir? L'hypothèse la plus probable serait : de sarcophages. Elles avaient toutes un couvercle à l'époque. Les différences de taille et les dispositions plus ou moins en altitude correspondraient à une hiérarchie sociale. Bref, ces étendues de jarres seraient tout bonnement des cimetières au style architectural de cette période. Reste que même si cette explication paraît la plus logique, elle n'en demeure pas moins qu'une hypothèse. Chacun peut donc laisser libre cours à son imagination.

Nous filons ensuite vers le site n°2. On peut y déjeuner. Ah bah ça tombe bien, notre estomac gargouille! Après une noodle soup reconstituante, nous voilà grimpés sur la colline. Ce site comporte peu de jarres. Son intérêt réside plutôt dans le fait que de superbes arbres aient poussé dans certaines jarres, les faisant éclater. Résultat assez joli. Puis, Ben passe au moins dix minutes à mitrailler un pauvre mais coloré criquet. On enfourche de nouveau la mob à la conquête du site n°3.

Ce dernier n'a, en lui-même, rien de plus que les autres. Par contre, la balade d'environ un kilomètre à travers les rizières pour l'atteindre est vraiment chouette. On rencontre une famille qui pêche au filet dans une mini marre. Ils acceptent qu'on leur tienne un peu compagnie et nous montrent fièrement leurs prises. Puis, on prend tout doucement le chemin du retour. Le bus de nuit pour Vientiane nous attend.

Ah oui, parce que la bonne nouvelle qu'on n'avait pas du tout prévue, c'est que pas de liaison entre Phonsavan et Paksé. Il faut obligatoirement repasser par Vientiane. Ce qui rallonge considérablement la sauce. Pourtant sur la carte du Routard y'a bien une route de dessinée! Ouais sauf qu'elle n'est pas goudronnée donc aucun bus ne veut s'y aventurer. On aura tout essayé mais pas moyen!

Arrivés à la station de bus, on découvre notre carosse (encore un VIP et on ne sait toujours pas pourquoi!). On s'installe, bon peu de place pour nos gambettes de sauterelles mais ça va le faire. Euh, en fait on commence à en douter et surtout à halluciner quand ils se mettent à disposer des chaises entre chaque siège (oui je dis bien entre chaque siège) dans l'allée centrale. Après une petite montée de claustrophobie maîtrisée, on croise les doigts pour qu'aucun accident ne survienne durant les dix heures et quelque de trajet qui nous attendent, parce que pour sûr on sera bien calé mais on ne pourra évacuer! On en a pourtant pris des bus archi bondés, mais alors ce coup là on n'y avait encore pas eu droit!

Nous atteignons la capitale vers 6h30 saufs! Pas le temps de réfléchir, nous enchaînons direct avec une connexion pour le sud du pays. Par contre pas Paksé, encore trop loin et on ne veut pas y arriver au beau milieu de la nuit, ce qui est peu pratique pour trouver une guesthouse. Nous avons donc choisi Savannaket pour poser nos valises une petite journée. Depuis Vientiane plus que huit heures de trajet a priori. Mais le chauffeur fait tellement de pauses que les huit se transforment rapidement en dix heures. A la fin, j'avoue que même si dans ce bus on a de la place pour nos gambettes, on en a vraiment marre. On a eu notre dose pour le moment. Une fois à destination, un bon dîner et au lit enfin!

Mardi, on se décide à louer une mob à nouveau. C'est pas cher et bien pratique. Et puis y a-t-il un prix qu'on ne saurait payer pour cette sensation de liberté? Nous "mobylettons" dans les environs toute la journée avec quand-même une pause déjeuner dans un restau très original au bord d'un lac. Ici pas de table, mais plusieurs paillottes individuelles sur pilotis où l'on s'allonge, on profite de la vue et l'on mange. On se fait également une petite pause randonnée dans une forêt protégée où l'on croisera le cadavre (heureusement!) d'un scorpion énorme et une horrible araignée qui gravotait. Arrrgh! Si on pouvait éviter d'en croiser d'autres ça m'arrangerait!

Le soir, nous prenons notre dîner chez une p'tite dame fort sympathique qui parle français et est gynécologue. Elle a beaucoup voyagé pour son métier notamment en France. Elle a l'air d'avoir eu une vie passionante. Puis, sur les conseils de deux autres étrangers, on se tente un ciné. Pour un film d'horreur si on ne comprend pas les paroles c'est pas bien grave, les dialogues ne sont jamais très élaborés. Une fois sur place, pas un chat dans la salle! Du coup séance reportée. Tanpis, ce sera pour une autre fois. Une nuit de sommeil réparatrice nous fera le plus grand bien de toute façon.

Mercredi matin, ça y est, nous sommes en route pour Paksé.

Marion

 

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